Trajectoire

Fondation et composition

En 1999, ArScAn fut créée en tant qu’unité mixte de recherche (UMR 7041) avec pour tutelles le CNRS et deux universités (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Université Paris Nanterre). En 2005, s’y ajoutèrent le Ministère de la Culture, et l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). Progressivement, d’autres équipes furent créées (comme l’équipe Archéologie de la Gaule et du Monde Antique, en 1999, et l’équipe Archéologie environnementale, en 2000) ou rejoignirent ArScAn (l’équipe Textes, histoire et monuments de l’Antiquité au Moyen Âge et le LIMC, équipe créée dans la dynamique du projet éponyme Lexicon Iconographicum Mythologiae Classicæ). La structure interne de la nouvelle UMR ArScAn fut donc un héritage autant qu’un choix : dès sa création, les équipes constituantes voulurent garder leur identité scientifique tout en collaborant à des programmes communs.

Autonomie et coordination

Organisation

L’organisation interne respecta donc la volonté d’autonomie des différentes équipes, mais on mit en place les thèmes transversaux. Enfin, fut créé en 2008 un programme né d’une convention particulière avec le Ministère de la Culture, le programme partagé Archéologie du Bassin parisien. Ce programme, devenu aujourd’hui ArchéoFab, s’est largement développé sous la forme d’un consortium de l’IR* Huma-Num Projets Time Machine, permettant de fédérer à la fois, au sein des équipes d’ArScAn, mais aussi à l’échelle nationale et internationale, des communautés d’acteurs autour des pratiques de la géohistoire.

Évolution

Durant la décennie 2012-2022, plusieurs mouvements d’équipes ont abouti à une recomposition, fondée sur des spécialités chronologiques bien identifiables. Les spécialistes de la protohistoire européenne ont fondé en 2012 un laboratoire nommé Trajectoires (UMR 8215), qui, en 2020, a quitté la Maison de Nanterre en même temps que le laboratoire d’Archéologie des Amériques (UMR 8096). Parmi les préhistoriens, l’Ethnologie préhistorique, a quitté ArScAn en 2022 pour se fondre, avec une autre école de technologie préhistorique, dans un laboratoire de préhistoire nommé TEMPS (UMR 8068). Des historiens de l’Antiquité et du Moyen Âge de l’université Paris 8 Vincennes Saint-Denis ont rejoint des équipes d’ArScAn en 2020 en fonction de leurs affinités thématiques. En 2022, l’équipe TranSphères, créée en 2019, trop faible numériquement, a rejoint l’équipe GAMA en janvier 2023. D’autres évolutions dans la cartographie générale des équipes sont annoncées avec, par exemple, la fusion – prévue pour le début de l’année 2024 – des équipes Archéologie des mondes grecs archaïques et classiques avec l’équipe Archéologie du monde grec et systèmes d’information, pour ne plus former qu’une seule équipe.

Des 18 équipes qui composaient l’UMR en 1999, il n’en reste que 10 à l’approche du quinquennal à venir, quatre de moins qu’en 2022. Ces évolutions montrent toute la vigueur des débats et des dynamiques qui se déploient au sein de notre Unité, ainsi que les capacités d’adaptation permanente dont ArScAn sait faire preuve et dont la diversité reste l’une des plus grandes richesses.

Les comités d’experts de l’HCERES ont souvent souligné le caractère « fédéral » de notre laboratoire. La diversité des pratiques, des problématiques, des terrains et des méthodologies agit comme des catalyseurs de regroupement au sein des équipes, comme le montrent la riche bibliographie, la captation de ressources et la forte dynamique scientifique propres à chaque équipe. Le nombre des équipes a fluctué et les thèmes transversaux ou encore les projets collectifs ont limité la dispersion, en accentuant l’interaction et a cohésion des équipes entre elles. L’évolution récente et les trajectoires individuelles annoncées par chaque équipe ainsi que l’initiative de l’actuelle équipe de direction permettent de penser que cette évolution se poursuivra dans les années à venir. Les prochaines lignes essayeront de le démontrer.

Les perspectives de 2017 inscrivaient le laboratoire et son action dans une orientation patrimoniale, apportant une contribution notable à la connaissance du patrimoine à travers l’étude et la constitution des corpora que nous produisons. Une attention particulière était accordée à leur préservation par le biais de la production et la publication de données, la numérisation et modélisation 3D, le tout mené dans le souci de la protection du patrimoine, surtout lorsqu’il s’agit de celui des pays en guerre, où notre UMR a déployé ses chantiers et missions. Pour mener ses actions à bien, le laboratoire s’appuyait sur la collaboration avec d’autres laboratoires et sur le réseau des Instituts français de recherche à l’étranger, des Écoles françaises à l’étranger, de l’Europe, des LabEX, à travers des appels à projets, collaborations dont le bilan rend bien compte. En interne, l’unité de notre UMR s’affirmait sur une culture technique commune ainsi que sur des outils et des plateformes techniques mutualisés.

Forts de ces acquis, nous souhaitons approfondir ces objectifs et en établir d’autres pour l’avenir :

  • Un renforcement des activités et productions communes :
  • en multipliant les manifestations communes : bilans et productions scientifiques
  • en assurant la confluence vers les Axes thématiques : constituer une pépinière de projets d’envergure
  • en augmentant les productions d’ArScAn : livrables, bases de données, publications
  • en créant d’une cellule interne pour soutenir, encadrer et accompagner les réponses à appels à projet
  • La multiplication de partenariats :
  • au niveau local, national et international
  • en développant la plateforme pour les prospections géophysiques
  • Une formation des doctorants de l’Unité plus autonome
  • Le renforcement de la Science ouverte et du partage de données par la validation d’une charte

Les équipes ont conçu leur propre trajectoire après avoir pris part à une réflexion collective, à l’occasion d’un séminaire qui avait réuni la direction, la secrétaire générale gestionnaire et les responsables de chacune des équipes. Le séminaire s’est tenu à la Maison Jean Monnet, à Bazoches-sur-Guyonne, les 15-16 octobre 2022, et s’est poursuivi le 28 novembre de la même année et le 9 janvier 2023. Ces cinq journées ont permis de définir une nouvelle gouvernance scientifique (ainsi que pratique) au sein d’ArScAn. « Le laboratoire est en tout cas top grand pour se passer d’une structure en équipes » lisait-on dans le projet scientifique de 2017. Un fonctionnement pratique toujours par équipes autonomes, d’une part, et la définition de 4 axes thématiques qui émanent des habitudes, des thématiques et des ambitions prospectives, des paradigmes scientifiques et des méthodologies, d’autre part. Ce dispositif par Axes devrait servir de pépinière de futurs projets de l’unité, à la définition de programmes scientifiques (et son corollaire, à la recherche de financement). Ces axes se déclineront en actions regroupées autour de thématiques prospectives.

En 2017 et 2018, une profonde refondation des Projets Collectifs (PCs) a été opérée afin d’impulser du dynamisme à ce versant des activités de notre UMR. Quatre des onze Projets collectifs du quinquennal 2013-2018 ont été clôturés, car terminés en 2017. Huit autres ont été reconduits avec une reconfiguration importante du PC « Construire l’espace ». Quatre nouveaux projets ont été proposés. Ainsi, six PCs ont été identifiés.

Afin de permettre un meilleur affichage des problématiques scientifiques abordés dans les Projets collectifs, 4 axes ou thématiques englobantes avaient été définis au cours de réunions plénières. Chacun de ces axes regroupe plusieurs PCs. ’Les quatre axes qui ont ainsi été définis sont :

  • Penser et échanger l’archéologie
  • Construire l’espace
  • Appropriation
  • Étudier la matérialité

Ces thématiques se sont avérées fortement structurantes et ont permis la construction d’axes proposés en 2023 dans la Trajectoire.

La mise en place de ces axes émane d’une réflexion menée au cours de quatre réunions plénières des responsables d’équipes, en s’appuyant notamment sur l’analyse des pratiques riches et variées, développées au sein de l’UMR. Les quatre axes seront stables tout au long du prochain quinquennal, mais les actions au sein de chaque axe auront des durées variables et des perspectives d’aboutissement différentes.

Les actions menées au sein des axes seront multiformes et de durée variable (de récurrents à ponctuels). ’Ce sont cette flexibilité et cette étendue des possibles qui font toute la richesse de cette réorganisation. Il s’agit d’actions porteuses classiques, mais aussi d’actions à fort caractère exploratoire et prospectif. Le but est celui de cristalliser des actions fédératrices, qui sont avant tout une disposition en réseau de personnes et d’idées. À terme, le rendu peut être durable, se traduisant en publications, blogs, plateformes, comme cela a été fait depuis l’origine des Projets collectifs. Le but affiché est e faire de ces axes et actions des pépinières de projets d’envergure de type GdR, ANR et ERC. C’est là l’un des enjeux du prochain quinquennat.

Découvrez les axes thématiques

Vous pouvez suivre l’évolution des Projets Collectifs au travers de la succession des derniers contrats quinquennaux

Ce nouveau dispositif mérite d’être financé davantage que l’ont été par le passé les projets collectifs. Dans cet esprit, l’équipe de direction a entrepris une cartographie des achats afin de soumettre aux débats au sein de l’Unité une rationalisation et la mutualisation de certaines dépenses d’équipement léger. Les économies résultantes serviront à financer d’avantage les différentes actions de chaque Axe thématique. De la même manière, la direction souhaite continuer la réflexion au sujet du périmètre des équipes afin d’assurer une meilleure visibilité à l’ensemble de l’unité. L’on souhaite aussi la réalisation d’une cartographie (au sens propre, comme figuré) de nos locaux, afin de créer des nouveaux espaces physiques communs, ce dont bénéficieront aux activités communes et feront les chercheurs mieux profiter des espaces individuels. Nous souhaitons aussi créer davantage d’initiatives d’interaction commune, comme nous y encourage l’expérience de la retraite de Bazoches-sur-Guyonne, organisée les 15-16 octobre 2022, ayant donné lieu à ce que nous avons appelé « l’esprit de Bazoches ». Cette initiative, une première au sein du laboratoire, et d’autant plus saluée que la rencontre a été organisée peu après la fin de la crise sanitaire, a permis de décloisonner les équipes et d’ouvrir les esprits, en renforçant les confluences méthodologiques et thématiques. Il est souhaitable de réitérer ce type de réunion tous les deux ans, pour se réunir dans un cadre différent de celui des assemblées générales et des autres instances de gouvernance du laboratoire (Conseil de Laboratoire et réunions de responsables d’équipe).

Afin de définir et concrétiser les idées nées des actions communes, la direction souhaite créer une cellule d’accompagnement, en accordant la priorité aux propositions qui seront faites et en facilitant le suivi des projets dès leur genèse jusqu’à la maturité et au dépôt de la demande auprès des organismes ciblés (LabEX, ANR, ERC…).

Le succès qu’ont connu des activités communes de formation et de préparation du quinquennal en cours, à savoir l’organisation des oraux et auditions blanches pour le concours CRCN du CNRS, de la Masterclass, crée en 2017, du séminaire destiné aux doctorants d’ArScAn, organisé depuis 2021 avec le concours de l’ED 395 « Espaces, Temps, Civilisations » de l’Université Paris Nanterre, nous encourage à évoluer vers des actions communes regroupant tous les types d’actions de formation qu’organisent les équipes de manière autonome. Celles-ci, comme « Démotique pratique » ou « Approche technico-fonctionnelle des outils lithiques », l’avaient pour ambition d’harmoniser la formation des doctorants de l’unité, en partant du modèle de convention avec l’ED 395 t en cherchant ’un mode de fonctionnement commun avec les trois autres ED ’qui accueillent nos doctorants.

ArScAn s’engage pour ce nouveau quinquennal avec un important capital numérique tant au niveau des publications, des données, des logiciels, des méthodes et savoir-faire, qui nécessitent de mettre en place une réflexion au sein de l’unité. La première perspective qui se e dessine à l’horizon, à la fin de l’année 2023, prévoie la mise en place d’une charte de la Science ouverte spécifique à ArScAn et conforme à la fois sur le plan national de la Science ouverte (2018) et en l’accord avec la politique des différentes tutelles. Cette charte s’appuie à la fois sur les principes généraux liés à l’open science et, sur un plan national, sur les stratégies de la Science ouverte, pour y inclure des initiatives plus pragmatiques liées à la politique d’achat de notre unité.

ArScAn s’engage donc dans une réflexion sur la question de la mutualisation de ses moyens informatiques tant au niveau des besoins courants (postes PC ou Mac, périphériques d’impressions) que des équipements communs (plateformes techniques et outils semi-lourds, comme le matériel topographique, la plateforme légère d’intervention géophysique…), en prenant en compte la question de leur renouvellement. Cette réflexion portera aussi sur les outils qui seront utilisés lors des futurs projets scientifiques (drones, scans 3D, logiciels communs…), selon une nouvelle politique sur les produits open source et les services partagés.