Lancement du projet NAOSS : les collections glyptiques du Département des Antiquités orientales à l’ère de la 3D

NAOSS : les collections glyptiques du Département des Antiquités orientales à l’ère de la 3D

En février 2026, le Département des Antiquités orientales du Musée du Louvre a lancé NAOSS (Numérisation d’Antiquités Orientales : Sceaux et Scellements), un programme structurant dédié à la numérisation 3D de l’une des plus importantes collections glyptiques au monde. Le projet vise à produire une documentation numérique homogène et exhaustive des sceaux et scellements conservés au musée. Il est soutenu par le DIM PAMIR et porté par Clélia Paladre (Département des Antiquités orientales, musée du Louvre – ArScAn-VEPMO), en collaboration étroite avec Nordine Ouraghi (Archaïos – ArScAn-HASAÉ), responsable du développement des protocoles et de la coordination de la numérisation.

Des objets au cœur des sociétés anciennes

Les sceaux – cylindres, cachets ou bagues – sont de petits objets gravés en négatif destinés à produire une empreinte en positif dans l’argile. Instruments d’authentification et de contrôle, ils servaient à sécuriser des biens ou des lieux, à clore des contenants ou valider des transactions, à l’image de nos signatures ou tampons actuels. Mais leur fonction dépasse largement la sphère administrative : bijoux, marqueurs de statut, objets votifs ou funéraires, ils accompagnent les individus dans les multiples dimensions de la vie sociale.

La collection du DAO comprend plus de 3 500 sceaux-cylindres, 2 200 cachets, 2 000 scellements et plusieurs centaines de tablettes scellées, couvrant plus de quatre millénaires d’histoire du Proche-Orient, de la Méditerranée à l’Asie centrale. Par la diversité de leurs matériaux – calcaire, lapis-lazuli, cornaline, or, verre, argile ou ivoire – et de leurs motifs, ces objets constituent un témoignage exceptionnel des pratiques administratives, artistiques et culturelles de l’Orient ancien.

Documenter, préserver, partager

Avec NAOSS, le DAO engage une campagne ambitieuse de documentation numérique systématique. Chaque objet fera l’objet d’un traitement numérique complet : modèles 3D haute résolution, images détaillées, relevés métriques et déroulés texturés des sceaux-cylindres.

Le projet s’inscrit dans une dynamique internationale et adopte les standards développés par la recherche en humanités numériques, notamment dans le cadre de la Cuneiform Digital Library Initiative. Les données produites respecteront les principes FAIR (Findable, Accessible, Interoperable, Reusable) afin de garantir leur accessibilité, leur interopérabilité et leur réutilisation par la communauté scientifique.

Cette démarche renforce à la fois la connaissance des œuvres et leur conservation préventive, en limitant les manipulations et en offrant des substituts numériques d’une grande précision à la communauté scientifique et au grand public.

Une approche technologique complémentaire

NAOSS mobilise trois dispositifs complémentaires : un scanner 3D haute précision (Artec Micro II), un studio de photogrammétrie en lumière contrôlée et un dôme RTI (Reflectance Transformation Imaging) permettant d’explorer les micro-reliefs par variations d’éclairage. Combinées selon la typologie, la morphologie et l’état de conservation des pièces, ces méthodes garantiront une documentation adaptée à chaque objet.

Plongez avec nous dans les coulisses du Musée du Louvre : là où NAOSS révèle la glyptique en 3D et ouvre de nouveaux regards.

La suite prochainement sur le site du laboratoire et sur le carnet d’hypothèse d’Archaïos.


Contacts :

Clelia.Paladre@louvre.fr

Nordine.Ouraghi@archaios.fr

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