Histoires d’eau | Ouverture des inscriptions du 150e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques

Le 150e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques intitulé Histoires d’eau aura lieu du lundi 18 au vendredi 22 mai 2026.

Informations pratiques

L’accès à l’évènement est entièrement gratuit, mais une inscription est nécessaire pour faciliter l’organisation de l’évènement.

Retrouvez le programme entier sur le site du congrès : programme du CTHS – 150e congrès, Aubervilliers, 18-22 mai 2026.

Pour vous inscrire aux journées sélectionnées dans le programme, rendez-vous sur le formulaire d’inscription en ligne.


Thème du 150e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques

Quelle que soit sa forme, l’eau est un élément indispensable à la vie sur Terre dont elle est un composant majoritaire. L’histoire de l’eau est indissociable de l’histoire de l’humanité et commence à s’écrire avec les premières civilisations humaines. Dès les premières sociétés agricoles, l’eau est une préoccupation essentielle et devient un enjeu stratégique, conditionnant la survie des populations. L’histoire de l’eau est donc une histoire de maîtrise, de gestion, mais aussi de conflits. Elle est aussi le fondement de certains systèmes sociaux, où l’eau d’irrigation ou de simple arrosage est partagée entre utilisateurs, avec, souvent, des réglementations très précises sous la supervision de responsables de canaux, qui peuvent devenir de véritables notables. Depuis les premières civilisations fluviales qui ont appris à l’utiliser pour subvenir à leurs besoins agricoles ou pour transporter des pondéreux, depuis l’ingénierie des Romains qui a transformé l’eau en un bien public, jusqu’aux luttes contemporaines pour l’accès à l’eau, cette ressource a constamment occupé une place centrale dans l’histoire humaine. Mais dans notre monde contemporain, l’eau doit aussi être vue sous un autre angle : celui des défis écologiques à l’échelle planétaire et de la nécessité de la préserver pour les générations futures.

Sujet d’inspiration, d’adoration ou de crainte, l’eau est bien plus qu’une simple ressource : elle est le moteur de la vie, le témoin de notre évolution et aussi un élément clé pour l’avenir de notre planète. En dépit de sa simplicité apparente, la molécule d’eau, H2O, cache de nombreuses propriétés fascinantes qui expliquent son rôle central dans les processus biologiques. Ressource omniprésente, elle est un sujet sensible et d’actualité, inscrit dans l’ensemble des champs disciplinaires historiques et scientifiques. De l’ingénierie de son transport, de sa gestion aux défis du réchauffement climatique, tout en jouant un rôle vital, l’eau façonne et transforme nos sociétés depuis des millénaires.


Retrouvez de nombreux et nombreuses membres du laboratoire ArScAn durant ce congrès :

19 mai
9h : Le développement des ports fluviaux au service des grands chantiers royaux à l’époque moderne : l’exemple des ports du Pecq et de Marly

AKANE Hori – Doctorante en archéologie médiévale et moderne / Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (UMR 7041, ArScAn, équipe GAMMA)
Certains ports fluviaux de l’ouest de Paris se sont développés à l’époque moderne spécifiquement pour réceptionner des marchandises en grande quantité. Il s’agit des ports du Pecq et de Marly. Ces deux ports recevaient toutes sortes de pondéreux : de la pierre, du bois, du plâtre et de la terre cuite. Le port du Pecq servait de point de déchargement pour les matériaux destinés à plusieurs châteaux de la région, comme ceux de Saint-Germain-en-Laye et de Noisy. Il était équipé d’un quai, d’un bac et d’un pont en bois, et s’est développé en un village portuaire. Le port de Marly, grâce à sa position géographique idéale et à ses différents aménagements (écuries et routes directes reliant le port aux chantiers), est devenu un centre de transit clé pour les matériaux destinés à Versailles et Marly. Ces deux ports ont permis d’optimiser les itinéraires et de réduire les coûts de transport, facilitant ainsi l’approvisionnement en matériaux des grands chantiers royaux.

9h30 : Savoir-faire et aménagements hydrauliques gravitaires à Versailles au XVIIe siècle : un héritage technique au prisme des enjeux contemporains de la gestion de l’eau.

MALNAR Daniella – Chargée documentaire Service des Fontaines, Château de Versailles, UMR 704 ArScAn, Université Paris 8
Le réseau hydraulique gravitaire du château et du domaine de Versailles constitue l’un des systèmes techniques majeurs de l’époque moderne. Conçu au XVIIᵉ siècle pour alimenter les jardins et les somptueuses fontaines de Louis XIV, il repose sur une connaissance fine du territoire et sur une gestion intégrée des eaux de pluie, de sources, de rivières et d’étangs. Cette communication analyse les architectures hydrauliques gravitaires et les savoir-faire techniques qui ont permis l’optimisation progressive du réseau. La recherche s’appuie sur une approche croisant l’étude des sources archivistiques (plans anciens, traités de fontainerie), l’analyse cartographique, les relevés de terrain et l’observation directe des ouvrages conservés. Elle met en lumière le rôle des fontainiers, dont le métier se structure au XVIIᵉ siècle en une corporation spécialisée. Au-delà de son intérêt patrimonial, l’étude interroge les enjeux contemporains de gestion de l’eau à Versailles, notamment le défi de retrouver des capacités hydrauliques à partir du terrain actuel et des ouvrages hydrauliques partiellement abandonnés, dans une perspective de gestion durable fondée sur le système gravitaire, la sobriété énergétique et l’intégration paysagère.

9h30 : Hydrosystèmes et pastoralisme irrigué sur la longue durée : l’exemple de la vallée de Campan du Haut-Adour (Pyrénées)

COSTA Laurent – Consortium Huma-num Projet Time Machine (Cst PTM), UMR 7041 : Archéologies et Sciences de l’Antiquité
Cette communication se concentre sur l’organisation d’un paysage agro-pastoral de la région du Haut-Adour, située dans les Hautes-Pyrénées en France. L’accent est mis sur les systèmes hydrauliques gravitaires, incluant lacs, canaux, rigoles et anciennes infrastructures d’eau, qui ont façonné ces paysages montagneux au fil des siècles. L’objectif central est d’explorer les relations sur la longue durée entre les occupations de ces territoires montagneux et ces aménagements essentiels dans un contexte de changement climatique.
Cette recherche est menée par le Consortium Huma-Num Projets Time Machine en collaboration avec l’Observatoire des Patrimoines de Hautes-Bigorre (OAPHB) et le Club Alpin Français. Elle allie diverses sources, telles que des cartographies historiques, des images aériennes, des données LiDAR et des relevés de terrain, pour constituer une vaste base de données géographique. Sur la base de ces données et en utilisant des techniques de modélisation et de traitement, il s‘agit de comprendre ces hydrosystèmes et d’analyser leur rapport avec l’occupation humaine au fil du temps.
Les premiers résultats ont déjà mis en lumière 185 ensembles archéologiques, attestant d’une utilisation intensive des grandes altitudes, comprises entre 1 200 et 2 000 mètres. et révèle une organisation des établissements saisonniers, appelés Courtaous, étroitement liés aux canalisations ou aux ressources d’eau. En redéfinissant la perception des montagnes pyrénéennes comme des territoires dynamiques, ce programme souligne l’importance d’une interaction historique entre sociétés et environnement. Il ouvre également la voie à de futures actions de conservation, de valorisation ainsi qu’à des coopérations transfrontalières, contribuant ainsi à une meilleure connaissance et préservation de ce patrimoine naturel et culturel unique.

13h30 : L’évolution des parcellaires et la gestion de l’eau sur le plateau de Sénart : de la Protohistoire à l’époque moderne

BROUTIN Pierre – Responsable scientifique et d’opération INRAP CIF, Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP), UMR 7041 ArScan Archéologie Environnementales
Cette communication analyse l’évolution des parcellaires et des réseaux hydrauliques du plateau de Sénart (Seine-et-Marne) de la Protohistoire à l’époque moderne à partir de données archéologiques, archéogéographiques, paléoenvironnementales et archivistiques. Les fouilles révèlent dès le second âge du Fer des trames de fossés planifiées pour drainer, irriguer et structurer les terroirs, parfois dotées d’une fonction symbolique. L’Antiquité et le Moyen Âge assurent leur rationalisation et leur continuité morphologique, intégrant les héritages protohistoriques dans de nouveaux cadres fonciers et productifs. À l’époque moderne, la recomposition autour de grandes exploitations, telle la ferme de Varâtre, illustre la résilience de ces infrastructures. Fossés et mares apparaissent ainsi comme de véritables systèmes hydrauliques inscrits dans la longue durée, témoins d’une mémoire paysagère et technique qui façonne encore l’organisation du territoire.

14 : Le stockage de l’eau en contexte insulaire et urbain : le cas de la Crète et Chypre à l’Âge du Bronze

SANCHEZ Lucie – Doctorante à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Laboratoire Arscan (UMR 7041)
La citerne et la fontaine de Zakros, le Caravansérail de Cnossos ou les nombreux puits de Kition illustrent l’adaptation des pratiques hydrauliques urbaines, notamment le stockage, aux contraintes du climat méditerranéen semi-aride. Ces sociétés insulaires de Crète et Chypre se sont développées dans un contexte climatique, qui dès l’Âge du Bronze, constituait un défi pour la gestion de l’eau, tel que la récurrence des sécheresses et la variabilité saisonnière des pluies. Pour ces populations de l’Âge du Bronze, la mise en place de dispositifs de stockage de l’eau était nécessaire. Le développement urbain, en Crète comme à Chypre, a accentué ces besoins et entraîné une multiplication des infrastructures hydrauliques, avec toutefois une forte représentation des puits à Chypre par rapport à la Crète. Afin de satisfaire les besoins artisanaux, domestiques et sanitaires liés à l’eau, les communautés ont élaboré des infrastructures hydrauliques telles que les puits, citernes et fontaines.

20 mai
9h : Ingénierie hydraulique dans la cité antique de Gabies : maîtrise, innovations et adaptations.

BROUTIN Pierre – Responsable de recherches archéologiques INRAP CIF, UMR 7041 ArScAn – Archéologie de la Gaule et du Monde Antique (GAMMA)
GLISONI Steve – Ingénieur de recherches INRAP CIF, UMR 7041 ArScAn – Archéologie Environnementale
L’étude de la gestion hydraulique de Gabies met en évidence le savoir-faire des ingénieurs romains pour dompter un substrat volcanique poreux. Dès le IIIᵉ s. av. J.-C., puits et galeries souterraines creusés dans le tuf inaugurent un réseau bientôt perfectionné, à l’époque tardo-républicaine, par des canalisations calibrées et des mortiers hydrauliques performants. À l’échelle domestique, la domus UA 2 associe citerne étanche, latrines raccordées probablement au réseau hydraulique urbain et vasque reliée à un puits d’infiltration. Dans la sphère publique et religieuse, le système de drainage du théâtre révèle l’alliance entre sacré et technique. Au IIᵉ s. ap. J.-C., alors qu’un aqueduc alimente désormais la ville, l’utilisation des conduites pour un possible atelier de boucherie traduisent à la fois l’adaptabilité et le déclin progressif de ces infrastructures. Ce parcours diachronique illustre la capacité d’une petite cité romaine à intégrer, transformer puis abandonner ses systèmes hydrauliques selon les besoins sociaux, économiques et cultuels.

Publications similaires