Journée d’étude | « Présences de l’Antiquité tardive dans les récits muséaux » au Louvre
23 octobre 2026
9h-18h
Salle des 80,
Musée du Louvre
Hervé Inglebert (Equipe THEMAM), Maximilien Durand, département des Arts de Byzance et des chrétientés en Orient du musée du Louvre et Anis Mkacher, CNRS AOROC organisent une journée d’étude consacrée à l’analyse de la place de l’Antiquité tardive dans les collections permanentes du Musée du Louvre.
L’évènement est gratuit, cependant veuillez réserver un billet, ou contacter programmation-Centre-Vivant-Denon@louvre.fr.
Présentation de la journée
« L’Antiquité tardive est une notion qui est apparue chez les conservateurs et historiens de l’art autrichiens (Wickhoff, Riegl, Strzygowski) à la fin du 19e siècle. Elle fut l’objet d’appréciations différentes tout au long du 20e siècle, mais s’imposa peu à peu chez les historiens d’art et archéologues dans les diverses langues européennes occidentales (Spätantike devint tardo antico en Italie dans les années 1930, puis après 1950 Antiquité tardive et Late Antiquity). Toutefois, une autre approche existait, fondée sur la notion d’art paléochrétien ou d’art chrétien, qui donna lieu à des créations muséales dès le début du 20e siècle tant à Londres (British Museum) qu’à Berlin (Kaizer-Friedrich Museum, devenu Bode Museum en 1956), puis dans la section des Antiquités chrétiennes au Louvre (1954-1971). Néanmoins, si la notion d’art chrétien est encore présente au Vatican ou au musée diocésain de Freising), l’archéologie chrétienne a été intégrée dans celle de l’Antiquité tardive après 1985.
Les historiens, qui travaillaient avant tout sur des thèmes institutionnels et socioéconomiques, utilisaient d’autre notions, celles de Bas-Empire, de romain tardif (spätrömisch, Late Roman) et de protobyzantin. Mais dès 1928, Ernst Stein avait posé l’équivalence entre spätrömisch et frühbyzantinisch, posant l’unité de la période définie par les années 284-641, et aujourd’hui l’empire byzantin est conçu comme un des états successeurs de l’empire romain. Après 1945, certains historiens (Henri-Irénée Marrou en 1949, Peter Brown en 1971) mais aussi des historiens de l’art (Hans Peter l’Orange en 1958) ont voulu unifier les approches des historiens et des historiens de l’art en définissant une période spécifique ou une civilisation originale qu’ils nommèrent Antiquité tardive. Cette proposition est devenue dominante après 1999, même si les débats persistent concernant les limites spatiales et chronologiques du monde tardoantique.
C’est dans ce contexte que les musées se sont emparés de la notion unifiée d’Antiquité tardive, d’abord sous la forme d’expositions temporaires (Age of Spirituality. Late Antique and Early Christian Art, Third to Seventh Century, New York, 1983 ; Spätantike und frühes Christentum, Frankfurt-am-Main, 1983). Au 21e siècle, on retrouve également celle-ci dans les expositions permanentes de nombreux musées, dans des cadres spatiaux fort divers, impérial, national, régional ou local, et pour désigner des réalités fort différentes, quelques vitrines, une ou des salles, des sections entières (Spätantike und Byzantinische Kunst au Bode Museum). Mais la présence de l’Antiquité tardive au sein d’un parcours muséal peut avoir un sens fort différent selon le type de récit mis en place. C’est ce que nous nous proposons d’analyser lors de cette journée d’étude où des conservateurs et des universitaires viendront expliquer quelle est aujourd’hui la place de l’Antiquité tardive dans les expositions permanentes, en relation avec les collections et les projets muséaux. »
Programme
9h
Accueil
9h15
Introduction
Hervé Inglebert, Université Paris Nanterre, UMR 7041 ArScAn-THEMAM
Session 1 : L’Antiquité tardive à la fin du récit muséal
Présidence : Étienne Wolff, Nanterre ArScAn-THEMAM
9h45
En Europe occidentale : le Musée de l’Arles Antique et le musée Narbo Via
Marc Heijmans, CNRS, Centre Camille Julian et Ambroise Lassalle, Musée Narbo Via
10h15
Dans l’Orient romain : le Musée archéologique d’Istanbul
Brigitte Pitarakis , CNRS, UMR 8167 Orient et Méditerranée
10h45
Dans l’Orient sassanide : le musée du Louvre
Julien Cuny, Département des Antiquités orientales, musée du Louvre
11h15
Pause
Session 2 : L’Antiquité tardive au début du récit muséal
Présidence : Françoise Mardrus, Direction des études muséales et de l’appui à la recherche, musée du Louvre
11h30
L’Antiquité tardive et l’Occident européen : le Musée de Cluny
Isabelle Bardiès-Fronty, Musée de Cluny
12h
L’Antiquité tardive et Byzance : le musée du Louvre
Maximilien Durand, Département des Arts de Byzance et des Chrétientés en Orient, musée du Louvre
12h30
L’Antiquité tardive et l’Islam : le musée du Louvre
Gwenaëlle Fellinger, Département des Arts de l’Islam, musée du Louvre
13h
Déjeuner
Session 3 : L’Antiquité tardive au sein d’un récit muséal continu
Présidence : Christophe Goddard, CNRS AOROC
14h
Dans une perspective occidentale : le Musée national d’archéologie de Madrid (en anglais)
Sergio Vidal, Ministerio de la Cultura
14h30
Dans une perspective byzantine/balkanique : Les musées de Sofia, le National Archaeological Institute with a Museum et le National Museum of History (en anglais)
Mihail Vaklinov, National Museum of History, Albena Milanova, Centre d’études slavo-byzantines, « Prof. Ivan Dujchev » à l’Université de Sofia « Saint Kliment Ohridski »
15h
Dans une perspective maghrébine : Les musées algériens
Senefer Mokhtari, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
15h30
Pause
Présidence : Cécile Giroire, Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines, musée du Louvre
15h45
Dans une perspective proche-orientale : les musées de Beyrouth et Damas, Vincent Michel, Université de Poitiers
16h15
Le Kunsthistorisches Museum de Vienne (en anglais)
Basema Hamarneh, Universität Wien
16h45
Le Corpus de la sculpture de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge (SATHMA)
Pierre-Yves Le Pogam, Département des Sculptures, musée du Louvre, Bénédicte Mérel-Brandenburg, École du Louvre
17h15
Conclusions
Jean-Pierre Caillet, Université Paris Nanterre, ArScAn-THEMAM
17h45
Fin de la journée d’étude
